Illustration und Gestaltung: www.elke-ehninger.de
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„Sehr geehrte Frau Natur: Zypressen, so fern! Sie sind die Schönste der Gärtnerinnen, aber Ihre Hand versteckt uns oft die Erde. Ihre Engelsstimme bewohnt das Meer der Heiterkeit, aber Ihre bitteren Fluten zermürben die Erde. Das Auge Ihres Schweigens spiegelt sich in einem gestohlenen Spiegel. Liebe Windsbraut, erlauben Sie mir, mich von Ihnen zu verabschieden. Ich lasse mich bei den Antipoden der Landschaft nieder, wo ich im Stall der Sphinx wohnen und bei jeder Fehlzündung den Frühling entweihen werde. Ich versichere Sie, sehr geehrte Frau Natur, meiner gemischten Gefühle. Max Ernst.“

 

Das Misstrauen, das der Maler und Bildhauer Max Ernst in seinem „Brief an Frau Natur“ zum Ausdruck bringt, spiegelt die Gefühle, mit denen er als Kind zum ersten Mal einen Wald betritt: „draußen und drinnen zugleich, frei und gefangen“. Metamorphotische Wälder, Pflanzen und Tiere werden sein Werk durchziehen, die Natur wird zum Ort der Alpträume, des Verdrängten, der Zerstörung, aber auch dem Drang, sich ihr entgegenzustellen: „Die Freude an jeder gelungenen Metamorphose entspricht dem uralten vitalen Bedürfnis nach Befreiung aus dem trügerischen Paradies der fixen Erinnerungen und nach Erforschung eines neuen und ungleich weiteren Erfahrungsgebietes.“

 

Heute lassen steigende Meeresspiegel, schwere Unwetter und Dürrekatastrophen neue Landschaften sozialer Ungleichheit entstehen. Der Sturm, der in Form des Klimawandels als Katastrophe auf uns zukommt, fegt ewig gültig geglaubte Gewissheiten hinweg. Zugleich wird die Forderung nach einer kosmopolitischen Perspektive lauter. Rollen- und Geschlechterverhältnisse werden global in Frage gestellt. Bewegungen wie Fridays for Future und Scientists for Future suchen nach Synergien zwischen sozialen, ökologischen und ökonomischen Prozessen. Gestalterischer Freiraum, der Schutz von Natur, Umwelt und Menschenwürde, soziale Sicherheit und Lebensqualität für alle – können daraus neue Weltkarten entstehen ? Und kann das deutsch-französische Tandem Impulse für eine gemeinsame Vision Europas geben?

 

Für Max Ernst, Français de cœur, Allemand de naissance und „Inbegriff der deutsch-französischen Möglichkeit“ (wie Kunsthistoriker Werner Spies über ihn sagt) ist die Metamorphose die Möglichkeit, auf die Welt, in der wir leben, einen radikal anderen Blick zu werfen und mit dem ‚überspringenden Funken Poesie’ einzugreifen in das Weltgebäude – um dann vielleicht sagen zu können:

 

Wo vor jahren ein stern stand

da wächst jetzt ein stern

wo vor jahren ein berg stand

da wächst jetzt ein berg

wo vor jahren ein haus stand

da wächst jetzt ein haus

                                           Max Ernst

 

« Chère Madame Nature : les cyprès, si loin ! Vous êtes la plus belle des jardinières, mais votre main nous cache souvent la terre. Votre voix angélique habite la mer de la sérénité, mais vos crues amères usent la terre. L'œil de votre silence se reflète dans un miroir volé. Chère épouse du vent, permettez-moi de prendre congé de vous. Je m'installe aux antipodes du paysage, où je vais vivre dans la stalle du sphinx et où je vais profaner le printemps à chaque raté d´allumage. Je vous assure, chère Madame Nature, de mes sentiments mitigés. Max Ernst. »

 

La méfiance que le peintre et sculpteur Max Ernst exprime dans sa « Lettre à Madame Nature » reflète les sentiments avec lesquels il est entré dans une forêt pour la première fois lorsqu'il était enfant : « dehors et dedans en même temps, libre et piégé ». Les forêts, les plantes et les animaux métamorphiques imprègnent son travail, la nature devient un lieu de cauchemars, de répression, de destruction, mais aussi de désir de s'y opposer : « La joie de chaque métamorphose réussie correspond au besoin vital séculaire de se libérer du paradis illusoire des mémoires fixes et d'explorer un nouveau champ d'expérience incomparablement plus vaste. »

 

            Aujourd'hui, l'élévation du niveau des mers, les tempêtes et les sécheresses catastrophiques créent de nouveaux paysages d'inégalité sociale. La tempête telle une catastrophe qui s'approche de nous sous forme de changement climatique balaie des certitudes que l'on croyait éternellement valables. Dans le même temps, l'appel à une perspective cosmopolite se fait de plus en plus pressant. Le rôle et les relations entre les sexes sont remis en question à l'échelle mondiale. Des mouvements comme « Fridays for Future » ainsi que les scientifiques du futur recherchent des synergies entre les processus sociaux, écologiques et économiques. Liberté de création, protection de la nature, de l'environnement et de la dignité humaine, sécurité sociale et qualité de vie pour tous - de nouvelles cartes du monde peuvent-elles en découler ? Et le tandem franco-allemand peut-il donner des impulsions pour une vision commune de l'Europe ?

 

            Pour Max Ernst, Français de coeur, Allemand de naissance et « incarnation de la possibilité franco-allemande » (comme le dit à son sujetl'historien de l'art Werner Spies), la métamorphose est la possibilité de porter un regard radicalement différent sur le monde dans lequel nous vivons. Il ne s'agit pas de « construire notre propre petit univers à partir d'éléments de rêve afin de s'y comporter de manière amicale ou malveillante », mais de « se déplacer librement et audacement à la frontière entre le monde intérieur et le monde extérieur et d'intervenir dans la construction du monde avec ‚une étincelle de poésie » - afin de peut-être pouvoir dire ensuite :

 

            Où se tenait une étoile il y a des années

            une étoile y grandit maintenant

            où une montagne se dressait il y a des années,

            une montagne y grandit maintenant

            où se trouvait une maison il y a des années

            une maison y grandit maintenant

                                   Max Ernst